Matériel de bivouac

J’ai bivouaqué quelques fois pendant mes randonnées, et je compte me mettre à cette pratique de plus en plus souvent. Mon système de couchage fonctionne bien, et j’en suis satisfaite.
Je tiens à dire que je ne souhaite pas pousser à une sur-consommation ; pour ma part, j’ai un petit budget et un petit appartement, donc je ne peux pas me permettre de collectionner le matériel le plus high-tech et dernier cri. Je tiens à conserver une certaine simplicité dans ma pratique du bivouac.

À prendre en compte également : je n’ai pour l’instant bivouaqué qu’en milieu de printemps et en été. Pour du bivouac automnal ou hivernal, ou du bivouac en haute altitude, le matériel que j’utilise n’est pas vraiment adapté.

Ceci étant précisé, c’est parti pour la présentation de mon matériel !

Sac de couchage

Le choix d’un sac de couchage efficace est primordial si l’on veut passer une bonne nuit de bivouac. En effet, rien de pire que d’avoir froid quand on dort dehors ! Mais comment choisir le sac de couchage adéquat, selon la saison où l’on souhaite partir, ou l’environnement où l’on souhaite dormir ?

Déjà, je rappelle qu’un sac de couchage ne produit pas de chaleur : il conserve celle créée par le corps. Donc si au moment de se coucher on est gelé, humide, ou que le sac de couchage est mouillé et froid, on ne risque pas de se réchauffer !
Ensuite, tout dépend de l’état dans lequel on est (si l’on est très fatigué, on est moins résistant au froid, par exemple), des vêtements que l’on porte avant de se glisser dans le sac de couchage, et bien sûr, des conditions climatiques.

Sur la plupart des sacs de couchage sont indiquées une ”température de confort” et une « température limite de confort”.
La température de confort est la limite inférieure de confort à laquelle une personne, en posture détendue dans le sac de couchage, est globalement en équilibre thermique (et n’a ni trop froid, ni trop chaud). On choisit son sac de couchage en fonction de celle-ci.
La température limite de confort est la limite de confort à laquelle une personne est en équilibre thermique lorsqu’elle est en position fœtale.

Un sac de couchage dont la fabrication correspond à la norme européenne ISO 23537-1 est une valeur sûre : les températures de confort indiquées sont fiables.

Ensuite, il vaut mieux choisir un sac de couchage à la bonne taille : S, M, L ou XL, n’oubliez pas de vérifier avant d’acheter, pour éviter d’avoir de mauvaises surprises !

Pour ma part, j’ai deux sacs de couchage Forclaz, en synthétique :
un dont la température de confort est à 15°C, qui m’a surtout servi durant l’été (et encore, parfois c’est limite, les nuits peuvent être fraîches). Poids : environ 680 g.
un dont la température de confort est à 5°C, qui m’a servi en milieu de printemps. Poids : environ 1,2 kg.

Il existe également des sacs de couchage en plume d’oie, qui sont plus légers (et plus onéreux). Mais l’inconvénient de ces sacs de couchage, c’est qu’une fois humide, ils mettent beaucoup plus de temps à sécher que les couchages en synthétique.
Je n’en ai pas, car je ne suis pas trop pour la pratique, mais également parce que je suis TRÈS allergique aux plumes d’oie. Donc hors de question que je me glisse là-dedans !

Si l’on craint d’avoir trop froid, on peut aussi rajouter un drap de sac, fin et léger, qui apportera un peu plus d’isolation. Je m’en suis surtout servie dans les gîtes d’étape plutôt qu’en bivouac, mais ça peut être utile d’en avoir un avec soi !
Celui que j’utilise est un drap en polyester Quechua (poids : 260 g).

Matelas de sol

Avoir un sac de couchage efficace est une bonne chose, mais ce n’est pas suffisant. Si l’on n’est pas bien isolé du sol, qui se refroidit beaucoup avec le soir qui tombe, on risque de passer une mauvaise nuit.
Il est donc nécessaire de s’équiper d’un matelas, afin d’éviter le contact direct avec le sol.

Pour être sûr que son matelas soit bien isolant, il faut que celui-ci soit conforme à la norme R-Value ASTM F3340-18.
La R-Value est l’indicateur de la résistance thermique d’un matelas. Plus l’indice est élevé, plus le matelas est isolant. Un matelas dont la R-Value est de 4 pourra a priori être utilisé au printemps, en été et en automne. Une R-Value de 6 promet un confort toutes saisons (et une R-Value supérieure sera utilisée pour les froids extrêmes).

Ici, seule la résistance thermique du matelas est prise en compte, et pas d’autres facteurs tels que les conditions climatiques, le type de sol sur lequel on dort, le sac de couchage que l’on a, si l’on dort en tente ou non, etc.

Il y a plusieurs types de matelas, comme les matelas mousse, les matelas pneumatiques ou les matelas auto-gonflants.
Pour ma part, j’ai opté pour le matelas auto-gonflant NeoAir X-Lite de chez Therm-A-Rest (poids : 360 g).
Ce matelas très léger a une R-Value de 4,2, ce qui fait que je peux l’utiliser à peu près n’importe quand. ”Auto-gonflant” ne veut pas dire qu’il se gonfle tout seul : il est nécessaire de souffler dedans, mais je trouve qu’il se forme assez vite.
Ce n’est pas un matelas ”premier prix”, mais je trouve qu’il est bien d’investir de temps à autres dans du bon matériel – et souvent, le bon matériel est LÉGER.

J’emporte toujours avec moi un kit de réparation de matelas. Pour l’instant il n’a pas encore crevé, mais si jamais ça arrive pendant une randonnée, je serai bien contente d’avoir ce kit sur moi !

En-dessous du matelas de sol

Il vaut mieux protéger le matelas auto-gonflant, pour éviter qu’il se perce. Mais aussi, rajouter une ou plusieurs couches supplémentaires permet une isolation du sol encore meilleure. Eh oui, les R-Values s’additionnent !

Donc, en-dessous de mon matelas auto-gonflant, je mets deux choses :
– un tapis de sol en mousse, très léger ;
– une couverture de survie réutilisable, très légère aussi, et plus résistante qu’une couverture de survie classique.

L’avantage de cette composition, c’est que c’est ultra-léger.
On peut également utiliser une bâche, plus résistante, mais elle pèse plus lourd et prend plus de place dans le sac à dos.

Tente, tarp, hamac ou belle étoile ?

Il est important de se poser la question. Selon ses préférences, ainsi que les conditions climatiques, on peut choisir plusieurs modules de couchage différents.

Dormir dans une tente

Les avantages offerts par la tente sont nombreux : on est abrité du vent, de la pluie, des insectes (et particulièrement des moustiques…), on a plus d’intimité pour se changer et faire sa vie, etc. La tente est un véritable refuge, un cocon dans lequel on peut se glisser la nuit. Dans des conditions plus extrêmes, comme le bivouac en altitude ou par grand froid, elle est indispensable (un tarp ne fera pas l’affaire).

Les désavantages d’une tente, c’est qu’elle pèse lourd – même s’il existe des modèles ultra-légers, mais donc plus chers -, qu’elle prend de la place dans le sac à dos, et qu’il n’y a qu’un seul module possible.
Aussi (et ce n’est que mon avis), je trouve que la tente donne un faux sentiment de sécurité. On est un peu plus coupé de son environnement que si l’on dormait à la belle étoile, et surtout, on ne voit pas ce qu’il se passe autour de soi – donc on peut plus facilement sur-interpréter tous les bruits que l’on entend dans la nature.

Je ne possède pas de tente, donc je ne pourrai pas vous conseiller de modèles en particulier.

Dormir sous un tarp

Un tarp, c’est une simple toile que l’on monte à l’aide de ses bâtons de marche, ainsi que de quelques sardines et haubans. Par contre, il n’y a pas de sol, pas de fermeture éclair, ni de moustiquaire. Les avantages d’un tarp, par rapport à une tente, c’est que c’est plus léger et bien moins cher. On peut aussi le monter dans différentes configurations selon ses besoins et envies, et ça peut être un sacré avantage selon les situations.

Les désavantages d’un tarp, c’est que l’on est moins protégé qu’une tente (les insectes peuvent rentrer, par exemple, et en cas de conditions plus extrêmes ce n’est pas suffisant) et que l’on est quand même un peu coupé de son environnement. Aussi, le montage peut s’avérer plus complexe, selon les configurations que l’on choisit. Ça demande un peu d’entraînement pour pouvoir jouer avec ses nombreuses possibilités.

J’ai plutôt aimé l’expérience du bivouac en tarp. Je me suis équipée du tarp MT900 de chez Forclaz (poids : 490 g, sardines et haubans compris), et j’en suis tout à fait contente.

Dormir en hamac

Je n’ai encore jamais essayé le bivouac en hamac, mais les quelques personnes pratiquantes que j’ai rencontrées avaient l’air de trouver ça super !
Les avantages d’un hamac, c’est que l’on est en hauteur (donc que l’on n’est pas dérangé par les insectes rampants), que c’est plutôt léger et que ça peut se monter facilement. Certains hamacs sont équipés de moustiquaires, et l’on peut également installer une toile de tarp par dessus pour être protégé de la pluie.
Dormir en hamac peut être très confortable si l’on sait se positionner correctement (en diagonale !).
Les désavantages, c’est qu’il faut avoir des arbres solides à portée de main – et selon les environnements, ce n’est pas toujours possible. De plus, j’ai l’impression que l’on est quand même plus visible qu’en tente ou en tarp (et moi, j’aime être invisible quand je bivouaque).

Peut-être y a-t-il d’autres avantages et inconvénients auxquels je n’ai pas pensé ; pour pouvoir étoffer mes propos, il va falloir que je teste le bivouac en hamac !

Dormir à la belle étoile

J’ai beaucoup aimé mes expériences de bivouac à la belle étoile.
Pour moi, les avantages sont nombreux : on peut s’installer rapidement (et décamper rapidement), on a une vue dégagée sur ce qui nous entoure, on est très discret – encore plus si l’on est caché par des hautes herbes, des feuillages, des rochers, etc. On ne fait qu’un avec son environnement.
Mais les désavantages sont que l’on n’a aucun abri, et donc que l’on est à la merci des éléments. On n’est pas protégé des moustiques, et des insectes rampants peuvent venir nous rendre visite.

Mais il y a toujours possibilité de dénicher des abris en dur : des porches d’églises, des lavoirs, l’intérieur de petites chapelles, des cabanes forestières, des aires de repos, et que sais-je encore… En bivouaquant, on peut devenir très créatif, et l’on se rend souvent compte que l’on peut dormir à peu près n’importe où !

J’espère que mon article vous a été utile, et qu’il vous donnera envie de partir à l’aventure !
Bivouaquer est une formidable expérience, qui fait que l’on se rapproche de son état ”sauvage”. Pour la plupart d’entre nous qui dormons entre quatre murs, ça permet de nous reconnecter à la nature. Il y a un sentiment de liberté totale, que je vous invite à vivre au moins une fois.

Je vous invite également à aller voir ma chaîne YouTube, dans laquelle je parle de bivouac et de randonnée, et où je filme mes aventures !