Bio

Coco5
© Ophélie Lavoine

Entre les bandes musicales composées par mon père dans son studio, et entre le bruit du clavier d’ordinateur sur lequel ma mère tapait pour écrire ses romans – on pourrait dire que c’est dans cette atmosphère que j’ai grandi, depuis le 23 juillet 1992.

Des étagères de livres et de bandes-dessinées à n’en plus finir, des cassettes et des CD écoutés en boucle sur mon petit poste de radio bleu, des tas de films et de dessins-animés, des sorties au cinéma et au musée, les contes et les marionnettes de ma tante, mon père qui sortait sa guitare et son répertoire de chansons, ma mère qui créait des histoires rien que pour moi.
Des tablées d’artistes fumeurs, les coulisses des théâtres dans lesquels mon père m’emmenait parfois, la maison d’édition où il m’arrivait d’accompagner ma mère, les séances de dédicace, les applaudissements après la première d’un spectacle, les concerts, les projections privées, les restaurants et les cafés parisiens – c’est là-dedans que j’ai évolué.

Et, très tôt, j’ai pris mes crayons et mes pinceaux, je me suis raconté des tas d’histoires et je me suis imaginé des films entiers dans ma tête, j’ai créé plein d’univers imaginaires, j’ai beaucoup chanté, j’ai beaucoup écrit.
Je regardais le monde qui m’entourait les yeux grands ouverts, et je n’avais qu’une hâte : devenir adulte pour être artiste, comme mes parents.

Ben oui, j’étais foutue d’avance, avec un tel environnement.
Et si mes parents s’étaient écriés : « Artiste ? Mais ma pauvre fille, ce n’est pas un vrai métier, ce n’est pas sérieux ! », ils n’auraient pas été crédibles. Donc ils m’ont laissée faire, et ils m’ont même encouragée.

Alors maintenant que je suis adulte – en tout cas c’est ce que ma date de naissance laisse supposer –, je continue.
Je dessine, j’écris, je photographie, je filme, je chante, je me remets à la guitare quand même un peu. Et je raconte des histoires, des tas d’histoires.

Parce qu’au fond, c’est ça qui me plaît : raconter des histoires.
J’ai « plusieurs cordes à mon arc », comme on dit ; je maîtrise différents médiums, et je compte bien tous les utiliser, n’en abandonner aucun en cours de route. Ils me permettent tous de m’exprimer – parfois je navigue de l’un à l’autre, parfois je les mélange.

Je fais ma tambouille, je me débrouille, ça peut rater comme ça peut marcher, mais ce qui compte pour moi, c’est de créer.

Alors, qu’est-ce que je suis ? Sous quel terme pourrais-je me définir ?
Ça a longtemps été une grande question. Artiste ? Oui, mais c’est bien trop vague. Créatrice ? Un peu pompeux. Raconteuse d’histoires ? Pas crédible.
Auteure, alors ? Auteure-illustratrice ? Auteure-illustratrice-photographe ?

Bon, il semblerait que je ne rentre dans aucune case précise. Ça ne fait rien. Ça me va comme ça. Tant que ça m’amuse, et que l’art, sous toutes ses formes, occupe une place centrale dans ma vie.
Tant que je peux tracer mon petit bonhomme de chemin comme je l’entends.
Tant que je peux participer à des projets qui me plaisent, et rencontrer des gens formidables. Tant que je peux collaborer avec des personnes dont j’admire le travail.

Oui, ça me va comme ça.